Les céréales
Contrairement aux idées reçues l'Algérie assure son autosuffisance alimentaire pour la majorité des produits.
Cependant l'Algérie reste fortement dépendante des importations pour couvrir ses besoins en céréales, blé dur, blé tendre. La production nationale couvre en moyenne 30 % de la consommation estimée à 08 millions de tonnes soit 350 kg environ par habitant et par an. Cette consommation très forte en céréales place l'Algérie parmi les pays importateurs de ce produit.
Néanmoins les besoins en produits maraîchers, fruits, légumes, agrumes, viandes rouges et blanches, sont totalement satisfaits par une production locale très largement excédentaires.
Le lait
Utilisant très peu « intrants » artificiels, l'agriculture algérienne est quasiment biologique. Gros consommateurs de lait, l'Algérie assure une production locale de 1.7 millions de litre de lait par an qui assure un peu plus de 40 % de la demande en produits laitiers.
Avec une consommation annuelle moyenne de 110 litres de lait, l'Algérien est le plus gros consommateur du Maghreb. La consommation nationale annuelle avoisine les 4 milliards de litres alors que la production nationale est estimée à 1.7 milliards de litres en 2002 soit 40 % des besoins. Ce qui explique l'émergence de dizaines d'usines spécialisées dans la production du lait, production qui était dérisoire dans le passé. Le lait en poudre et les produits laitiers représentent le second poste des importations agroalimentaires du pays devant l'huile et le sucre.
Les produits alimentaires les plus importés en dehors des céréales (23.2 %) sont les laits et produits laitiers (21.7 %), les huiles et graisses (11.9 %), les sucres et sucreries (11.6 %), les produits de la minoterie (11.2 %). Le total de la facture alimentaire est de 3.2 milliards de dollars US.
L'objectif du Plan de relance est d'augmenter la superficie agricole utile de plus de 950 000 hectares, de créer 700 000 emplois et d'atteindre un taux de croissance entre 8 et 10 % en moyenne à partir de 2004.
Le vin « bio »
Autrefois fierté du pays, le vignoble algérien est passé de 360 000 hectares en 1962 à 50 000 hectares en 1990. Mais l'office national de Commercialisation de Produits Vitivinicoles (ONCV), qui jouit d'un quasi monopole sur les moyens de production et commercialisation du vin algérien, a décidé de relancer la filière viticole en 1999 et de replanter 15 000 hectares en 2007 en accordant des aides financières aux agriculteurs. Cette filière recèle un potentiel considérable.
Les prévisions tablent sur une augmentation de 26 % de la production avec 346 000 quintaux de raisins. Une embellie qu'explique l'entrée en production des 4 000 hectares de vignes plantes en 1999 et 2000 d'une part, par l'absence du Sirocco, vent chaud qui souffle dans le Sud et qui assèche le raisin.
Des parcelles ont été reconverties sur les coteaux de Mascara, à 300 Km a l'ouest d'Alger, afin de produire un vin biologique et , à 580 Km plus loin, les cépages de Tlemcen ont été sélectionnés pour donner naissance à un cru « de garage » en partenariat avec un producteur français. Objectif de l'ONCV : exporter 80 000 bouteilles de vin « bio » et tester ainsi le marché.
L'ONCV a lancé des appels d'offres sur la fourniture des plants de vigne et a créé trois sociétés en partenariat avec un homologue sud africain. Les deux premières produiront du vin de Mascara et à Durban ; la troisième commercialisera la production sur le marché sud africain et sur le réseau de commercialisation international hors Europe. Ce rapprochement, destinée à renforcer la coopération entre l'Algérie et l'Afrique du Sud, s'inscrit en droite ligne de la démarche NEPAD afin de concrétiser une véritable coopération sud-sud.
Par ailleurs, le groupe Castel, l'un des leaders mondiaux de négoce de vin, de la bière, des eaux minérales et boissons gazeuses, a mis en production une brasserie à Oued Tlelat dans l'ouest de l'Algérie afin de relancer d'anciennes marques telles que Castel Beer, 33 Export… La marque Beau Fort sera également produite, à un prix compétitif selon la stratégie commerciale du groupe en Algérie. Les prévisions tablent sur 1.5 millions de caisses par an. Avec cette nouvelle brasserie qui s'ajoute à l'arrivée de Mehri avec la marque Tango et de la Bavaroise, le marché de la bière devient un secteur en plein essor en Algérie. Le groupe Boisson d'Algérie et ses quatre unités de production sont en cours de privatisation.
Castel a également lancé la production d'une unité de boisson gazeuse fin 2002 et introduit sur le marche la gamme Coca Cola avec un objectif d'environ 5 millions de caisse/an.
De nombreux débouchés existent pour les investisseurs étrangers, que ce soit dans l'exploitation (la législation algérienne autorise les joint ventures avec une entreprise locale pour exploiter un domaine viticole), dans les intrants (plants de vigne, produits phytosanitaires) ou dans les matériels de vinification, la formation, l'assistance technique et les industries associes : embouteillage, conditionnement, distribution.
L'importation en Algérie de vins, bières et spiritueux est conditionnée à la domiciliation des factures et documents douaniers a une banque algérienne. La TVA est de 17 %. Les alcools, les vins et les autres boissons assimilées sont aussi taxés d'un droit de circulation fixée selon les règles du code des impôts indirects. Les droits de douanes s'élèvent à 30 % auxquels s'ajoutent 48 % de droit additionnel provisoire.