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Solidarité ALGERIE - PALESTINE


Evènements en Palestine

Arrivée de 5 algériennes et 17 enfants en provenance de Ghaza

Source : MAE, samedi 17 janvier 2009

Cinq algériennes et leurs 17 enfants, ayant été évacués de Ghaza via le terminal de Rafah vers l'Egypte, ont rejoint vendredi soir Alger.

Ils ont été accueillis à leur arrivée à l'aéroport ''Houari-Boumediene'' par le ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Communauté nationale à l'étranger, M. Djamel Ould Abbès.

C'est un soulagement inégalé, mêlé d'émotion et de tristesse que ces familles ont exprimé à la presse, après avoir quitté Ghaza soumise depuis le 27 décembre à une féroce agression israéliennes ayant causé plus de mille victimes palestiniennes.

Cependant, même si ces femmes qualifient de "miracle" leur arrivée dans leur pays natal, après avoir pu sauver ainsi leurs enfants des bombardements israéliens, expriment quand même une très grande peine pour avoir laissé derrière elles leurs époux empêchés de franchir le terminal de Rafah à Ghaza.

Affligée d'avoir laissé derrière elle le père de ses 5 enfants, Mme Rahmani Fatma, native de Sig, a confié, à chaudes larmes, n'avoir jamais vécue une telle tragédie, la qualifiant de "cauchemar qui malheureusement perdure".

"Même si je commence à vous décrire les scènes vécues pendant l'agression, vous ne pourrez jamais imaginer ce que nous avons subi", a-t-elle dit, ajoutant, après un moment de silence rempli d'émotion, "Oh mon Dieu tout a été détruit. Il y a des dizaines de morts par jour. Les bombardements n'ont pas cessé. C'est inimaginable".

Le même sentiment est livré par Mme Kheira Belkacem d'El-Bayadh, mère de 3 enfants, qui réside à Ghaza à proximité du terminal de Rafah depuis 1999.

Mme Belkacem a expliqué que c'est son mari, resté à Ghaza, qui l'a encouragée à rejoindre l'Algérie pour mettre à l'abri ses enfants, dont le plus jeune, Ahmed, est un nourrisson de 2 mois.

"On ne dormait presque plus. Les nuits, pour nous, ressemblaient aux jours. Les israéliens ne ratent pas une occasion pour larguer leurs bombes, dont les déflagrations assourdissantes s'entendaient sur plusieurs kilomètres".

"Mes enfants, habitués aux explosions de bombes, trouvaient bizarres les rares moments de répit", a-t-elle dit.

Elle a confirmé que l'armée d'occupation israélienne "a intensifié ses raids à la frontière de Rafah, détruisant tout signe de vie".

Décrivant les souffrances des habitants de Ghaza, elle a rappelé les frayeurs exprimées notamment par les enfants privés d'école, suscitées par le le bruit infernal des bombes, le survol incessant des avions bombardiers et le crépitement des armes meurtrières utilisées par l'armée israélienne

De son côté, Mme Aïcha Hamlaoui de Batna, veuve d'un policier palestinien assassiné le premier jour de l'agression israélienne sur Ghaza et mère de six enfants, a rappelé que la Chahada était en permanence sur toutes les lèvres, la mort les guettant à tout instant.

Ces familles ont reconnu avoir eu la chance de rejoindre le terminal de Rafah malgré les raids ininterrompus de l'aviation israélienne, mais sont toutefois inquiètes sur le sort des familles algériennes qui demeurent encore à Ghaza.

Elles ont insisté pour saluer les efforts déployés par les autorités algériennes, sur place depuis le début de l'agression israélienne contre Ghaza, par l'intermédiaire de l'ambassade d'Algérie au Caire, où des contacts permanents sont maintenus.

M. Ould Abbès a salué, lui aussi, les efforts entrepris par les autorités algériennes et le Croissant-Rouge algérien (CRA) sur le terrain pour évacuer "non sans difficultés les ressortissants algériens", précisant que des contacts continus sont maintenus avec les autres familles (une dizaine), qui veulent rejoindre le pays.

Il a révélé que deux avions achemineront samedi 2.000 pochettes de sang, des denrées alimentaires et des médicaments pour la population de Ghaza, rappelant que le CRA est la seule organisation habilitée à prendre en charge ce fonds d'aide.

De son côté, le président du CRA, Dr Hamou Benzeguir, a indiqué avoir sollicité des banques et des bureaux de postes pour permettre aux Algériens de faire des dons dans des caisses transparentes.